Danièle Secrétant, La Femme paratonnerre, Sainte-Croix (CH), Éditions Mon Village, novembre 2012, 224 p., 15 €.

Femme paraHistoires de femmes. Livre en deux temps, mettant en scène une femme qui écrit parallèlement son journal intime et un roman.

La femme moderne travaille, s’alcoolise au champagne, bénéficie des conseils d’un psy… alors que son héroïne, Io, vit au cœur d’un terrifiant village enseveli sous une puissante couche de religiosité, de tabous et de superstitions, dans un contexte suggéré de déviance sexuelle, dans une réalité de brutalité familiale. Village que l’on hait, que l’on fuit mais dont on n’arrive pas à se détacher.

Le lecteur entre dans l’existence de l’auteure du journal durant moins d’un an alors qu’il suit la progression de l’héroïne du roman de sa naissance à l’âge adulte. Mais les points de rencontre sont nombreux entre les deux récits, qu’il s’agisse du rejet de l’homme ou de la protection omniprésente, étouffante, oppressante d’autres femmes dont l’auteure du journal et l’héroïne de son roman devront s’affranchir, non sans douleur.

Le style suit le personnage, alerte et familier lors de la rédaction du journal, plus sophistiqué, quelque peu poétique, voire lyrique, lorsqu’il s’agit du roman.

Dans son journal, l’auteure évoque un autre emprisonnement bien actuel, celui des voiles et coutumes antiféministes de l’Islam intégriste que veulent imposer son père et de ses frères à Zohra, la femme de ménage-amie, heureusement épaulée par un mari musulman aimant et ouvert.

Femmes dominées mais toujours à l’affût d’une faille qui leur permettra de s’émanciper… pour peut-être tomber dans une autre dépendance. Un livre non dépourvu d’émotions, agréable à lire.

 

Annette Vial