Christelle Ravey, Partition singulière, Besançon, Les éditions de la Boucle, 2011, 117 p., 12 €.

 

PartitionJeune auteure mais écrivaine prolifique, Christine Ravey vient de publier son quatrième roman aux éditions de la Boucle. Quatre romans en trois ans, c’est impressionnant, mais la jeune femme admet qu’avant d’être publiée, elle avait des réserves !

On comprend mieux. Il eût été étonnant qu’une débutante écrive aussi vite et aussi bien. Paru en 2008, son premier livre Amours en fugue avait été couronné par le prix Marcel Aymé. Aujourd’hui, elle nous propulse dans un univers de passion avec Partition singulière.

Roman certes, mais le style est si enchanteur, le terme si riche, que l’on pourrait aussi parler de long poème, de véritable, douce et violente, ode à l’amour.

Le vocabulaire est précis, le rythme constant, parfaitement adapté au récit. Une écriture musicale en forme de partition. Ainsi les mots s’écoulent avec nonchalance lorsqu’apparaît la mère, Élise, une femme triste et silencieuse qui donne le change de l’indifférence alors qu’elle pleure toujours son amour perdu et qu’elle reste hantée par sa passion de jeunesse. Rythme plus vif, plus alerte lorsqu’intervient Juliette, la fille débordante de vie et de projets. Entre elles, le mystérieux Phil, guitariste et compositeur, ce grand amour d’Élise qui a pris la décision de disparaître lorsque sa fille Juliette avait 8 ans.

Dix ans plus tard, la jeune fille décide de partir à la recherche de ce père mystère, une aventure qui amènera les gens qu’elle aime, sa mère surtout, à des révélations toujours plus douloureuses.

La lecture de cet ouvrage ne tolère aucune absence. Il faut boire chaque mot, s’attacher à vivre la phrase, intensément, du début à la fin. C’est parfois difficile. Au-delà de l’histoire et du suspense, une atmosphère de passion, de révolte, de folie, aide le lecteur à toujours soutenir son attention.

Christelle Ravey s’affirme, son style séduit, enchante, dépayse au point de susciter les larmes. Peut-être, pourtant, l’auteure gagnerait-elle parfois à perdre une certaine emphase pour adopter un style… plus reposant. Néanmoins, Christelle Ravey séduit, encore et toujours. On attend avec impatience son prochain ouvrage. Gageons qu’il ne saurait tarder.

 

Annette Vial