PatienteJean-Philippe Mégnin, La Patiente, Paris, Le Dilettante, 2012, 160 p., 15 €.

Voici un petit roman charmant agrémenté d’une belle couverture qui suggère qu’il serait bien adapté à une lecture de vacances au bord de la mer. Et comme le personnage principal est un gynécologue, l’ingrédient sexuel indispensable est assuré dès le début. Disons plutôt l’ingrédient sentimental, car c’est un roman assez pudique.

Les personnages passent leur temps à parler, en cherchant à comprendre, à s’expliquer, autour d’un suicide. Et même s’il paraît invraisemblable, même s’il s’agit d’un personnage fictif, le suicide nous interpelle. C’est un reproche à nous tous. On se demande comment il est possible d’en arriver là. Avec quelles pensées, quels sentiments, quels souvenirs, vit-on ses derniers instants ?

Mais quand l’intrigue nous impose ensuite un inceste, nous nous disons : oh non, pas ça, c’est trop ! Pourtant nous continuons à lire, à l’ombre du suicide. Les deux choses sont liées bien sûr. Au commencement de l’histoire, le gynécologue reçoit une nouvelle patiente, une femme enceinte. Et à la fin, il a appris que le père de l’enfant est son amant à lui et que l’amant et la patiente … – mais non, je ne vous mettrai pas tous les points sur les i.

La lecture du livre ne vous prendra guère plus d’une heure, une heure de plaisir, car il est bien écrit. L’auteur a bien travaillé ses phrases et ses courts paragraphes. Il sait surtout faire parler ses personnages. Il les écoute attentivement. Nous aussi.

 

David Ball