Thierry Marquis

 

Entretien avec Thierry Marquis

Lettres comtoises, n° 2 nouv.série, 2007

Peintre et dessinateur, Thierry Marquis est né en 1966. Invité lors des trois dernières éditions de La Biennale des arts plastiques de Franche-Comté, il participe également à de nombreuses expositions collectives dont le Salon des Annonciades de Pontarlier. Expositions personnelles à Besançon et à Charlottesville, USA. Il vit et travaille à Besançon.

 

Lettres Comtoises : Chaque dessin, chaque peinture de Thierry Marquis est l’évocation d’une personne, mieux, d’une personnalité dans son intégralité. Et si l’instant semble figé, il en dit long sur la personnalité du sujet. Il semble d’ailleurs absent à notre monde, immergé dans ses pensées, dans un voyage intérieur. Difficile pour nous d’en savoir plus !

Thierry Marquis : En effet, les moments que j’aime à saisir sont pour moi comme la quintessence d’une journée, d’un voyage, aussi bref soit-il. Parce que je ne saurais pas isoler un instant de son contexte, c’est-à-dire de celui que j’ai vécu, quand je prends mes crayons, mes pinceaux, tout me vient, tout à la fois. Lumière, couleur, l’émerveillement procuré par les êtres qui ont traversé cette journée, le contexte architectural, tel et tel et tel détail de sculpture, de matière, d’ornement… Et l’odeur et le goût du café…

L C  : Vous nous parlez de l’Italie ?

Th.-M. : C’est vrai. Deux des dessins présentés ont été réalisés à Rome, ce printemps dernier. Le troisième, c’est le visage de Simon dans le Haut-Doubs, après des moments magiques passés à jouer au baby-foot (!) avec des amis… italiens. On dit que ma peinture est souvent triste et nostalgique. Peut-être. Mais pour moi, les rires, les jeux, un pique-nique animé au bord du lac, ces sont des sources inépuisables d’inspiration. Alors ma nostalgie à moi, ce sont de merveilleux souvenirs de « voyages » durant lesquels on a ri, bien bu et bien mangé. Il est vrai que le décor de ces moments est pour moi fondamental, comme un personnage invisible mais présent. Et ce sont parfois des lieux d’une beauté où parfois la parole, les mots n’ont plus leur place, où je suis comme submergé.

L C : C’est peut-être le cas de cet autoportrait près d’une fenêtre. Où donc étiez-vous ?

Th.-M. : J’étais reçu dans une des plus belles maisons du monde : la villa Medici, à Rome. Personne ne peut imaginer l’état dans lequel j’étais. Ce palais, la vue sur les jardins, j’étais comme submergé par la joie que ce cadre m’apportait. Il me donnait également le vertige ; comment allais-je pouvoir m’en passer ?…

L C : Et la cour de cet autre palais ? Ne serait-ce pas le château Saint-Ange ?

Th.-M. : Un instant étrange, en vérité. Après avoir croisé un grand nombre de visiteurs dans cette énorme architecture, plus personne. Plus exactement, toute la personnalité de ce palais s’imposait à moi dans une scénographie incroyable. Donc ce dessin est comme un hommage à tous ceux qui en sont les auteurs, en spectateur infiniment et éternellement reconnaissant.

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