Pierre Gemme, L’Appel des pierres, Besançon, Les éd. de la Boucle, mars 2015, 230 p., 15 €.

Ce roman commence, et commence bien, dans le genre de la docu-fiction : le récit factuel, légère­ment romancé, de l’impact catastrophique, heure par heure, de la tempête Xynthia sur la côte vendéenne en février 2010. Mais au lieu d’explorer les responsabilités humaines du désastre – la construction de maisons dans des zones en dessous du niveau de la mer parce que les profits à en tirer étaient une tentation trop grande pour s’occuper des risques – l’histoire se mue en polar, de manière parfaitement invraisemblable d’ailleurs, mais qui fera plaisir aux lecteurs de romans noirs qui raffolent de corps démembrés.

L’assassin est schizophrène : moitié fou, moitié bien organisé. Il offre un service efficace et bien rémunéré aux gens traqués qui ont un besoin urgent de disparaître. En piochant dans sa collection de corps, il met en scène un accident où les restes humains seront impossibles à identifier mais où d’autres indices feront croire que la victime est la personne qui veut disparaître. La tempête cependant a mis fin à son affaire en détruisant le blockhaus où ses corps étaient stockés. Il continue néanmoins à tuer, son exploit le plus spectaculaire étant sans doute l’éviscération d’une jeune femme, sans laquelle un polar de nos jours serait tristement incomplet. En revanche, la découverte surpre­nante à la fin que deux personnages sont père et fille semble appartenir à un tout autre genre, celui de la comédie romantique.

Il y en a donc pour une variété de goûts, et il est presque certain que le lecteur se souviendra de la description précise de la dévastation au début.

 

David Ball