Jean-Pierre Favard, Belle est la bête, Aiglepierre, La Clef d’argent, 2012, 198 p., 12 €.

belle_bete_vignetteNon, le livre de Jean-Pierre Favard, Belle est la bête, n’est pas un conte de fées, même s’il réussit parfaitement bien à emmener le lecteur enchanté dans un autre monde. Il s’agit d’un recueil de nouvelles fantastiques qui exploite le thème du monstre sous toutes ses formes, du microbe « miasmeux » à l’extra-terrestre gélatineux.

L’être humain doit affronter l’inconnu dangereux. Parfois, le face à face se passe bien comme celui de l’homme et du taureau dans la première nouvelle. D’autres fois le rapport de force s’inverse, ainsi en est-il de Clovis transformé en chien par la rousse Brenda ou des édiles pulvérisés et dévorés par le monstre de « Retour(s) d’expédition(s) ». Jean-Pierre Favard s’appuie sur des mythes anciens, le minotaure ou la magicienne Circé, mais il effectue aussi des clins d’œil à la science-fiction du xxe siècle comme dans les « Chroniques terriennes » qui renvoient évidemment au style des « Chroniques martiennes » de Ray Bradbury. Certaines histoires sont particulièrement réussies et originales : nous vous recommandons particulièrement « Saint-Valentin » ou « Le fils de la femme à barbe ».

Les dix nouvelles sont vivantes et distrayantes, parfaites pour oublier le quotidien, le rythme est entraînant, la langue percutante et savoureuse s’inspire du langage parlé, la mise en page accentue le suspense et l’humour relance constamment l’intérêt du lecteur.

Françoise Maillot