Jean-Claude Bonnot, L’affaire Arnaud. Trahison à la gendarmerie, 1939-1945, Pontarlier, Éditions du Belvédère, 2011, 262 p., 19 €.

 

couv-1--Affaire-Arnaud-249Intéressant document sur le rôle de la gendarmerie française durant la dernière guerre mondiale. La gendarmerie franc-comtoise eut ses héros (exécutés ou déportés) et ses collaborateurs, jugés pour trahison à la Libération. Mais la plupart des hommes qui servaient dans cette arme au moment de l’Occupation furent écartelés entre leur devoir d’obéissance et leur conscience. Devaient-ils aider la Résistance ou traquer ceux que le pouvoir en place considérait comme des terroristes et des bandits ? Ils eurent alors des comportements indéterminés, variables suivant les circonstances, qui leur valurent l’indulgence ou l’indifférence des tribunaux chargés de réprimer la collaboration.

Un capitaine jurassien, Pierre Arnaud, se montra quant à lui particulièrement zélé dans la recherche des partisans. Il paya ce comportement à la Libération puisque, condamné à mort pour trahison, le 18 octobre 1945, il fut exécuté quelques jours plus tard.

L’auteur le suit à travers différentes « affaires », avec assez d’objectivité pour qu’en fin d’ouvrage le lecteur se demande si cet officier de gendarmerie ne fit pas finalement les frais d’une justice d’exception, dans les filets de laquelle il était trop rapidement tombé, au moment où il fallait solder les comptes.

D’autres, tout aussi zélés, s’en sortirent avec des condamna-tions d’emprisonnement qui s’allégèrent sérieusement au fil du temps et au gré des amnisties.

Intéressante compilation de documents, éclairage certain sur cette époque confuse, si Jean-Claude Bonnot a bien rempli sa mission de journaliste, son texte ne s’inscrit pas dans le domaine d’une littérature raffinée. Les redites sont légion, la syntaxe honnête mais simpliste. Néanmoins, le lecteur à l’affût d’éléments sur la trouble période de l’épuration y trouvera son compte.

 

Annette Vial