Jean-Marie Vigoureux, La Science et le Veau d’Or, Besançon, Éd. Les Chemins de Terre, janvier 2017, 187 p., 17 €.

Voulez-vous comprendre la portée de la Science dans notre monde, chose qui vous semblait hors de portée jusqu’ici, et vous passionner pour cet enjeu ?

Lisez La Science et le Veau d’Or de Jean-Marie Vigoureux : c’est une analyse foisonnante, à la fois historique et philosophique, du rôle de la Science en France et plus largement dans notre civilisation. Une analyse documentée, lucide et engagée.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, J.-M. Vigoureux est un scientifique franc-comtois reconnu, professeur émérite de physique et chercheur à l’université de Franche-Comté. Outre ces qualités profes­sionnelles, il a le mérite rare de savoir écrire de manière élégante, claire et accessible.

À travers ses livres précédents, comme Les pommes de Newton (Albin Michel, 2003), La quête d’Einstein (Ellipses, 2005) ou L’univers en per­spective (Ellipses, 2006), il éclaircissait avec aisance des notions qui nous étaient généralement obscures, depuis la conception du monde dans l’Antiquité jusqu’à la mécanique newtonienne, mais aussi la nature de la lumière et la relativité d’Einstein, l’origine de la foudre et pourquoi la pierre tombe…

Son dernier opus, La Science et le Veau d’Or, dresse une fresque lumineuse et intense qui interroge le lien historique entre Raison, Science, Justice et Progrès, des prémices de la révolution industrielle à notre xxie siècle numérique.

À partir de son savoir encyclopédique, mais aussi de son expérience de pédagogue et son exigence de citoyen, le physicien se fait historien, sociologue, politologue, philosophe.

Et ses interrogations se font pressantes : de la science en questions à la science en otage, qu’en est-il du progrès ? Qu’en est-il de la quête du bonheur qui a nourri les siècles passés ? Peut-on parler de progrès quand la nature est bafouée ? Recherches sociales utiles ou recherches lucratives ? Loi de la jungle et marchandisation de la science sont-elles les seuls horizons de notre époque ?…

Comme le montre plaisamment l’un des sous-titres de sa deuxième partie « Où l’on découvre Rastapopoulos (mal) caché sous un masque de Pasteur », Jean-Marie Vigoureux remet les pendules à l’heure et se pose non plus en observateur mais en moraliste.

Mais il ouvre aussi les perspectives : tant de penseurs nous ont déjà appris que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Tant d’autres ont pris le relais : Rousseau, Lamennais, Hugo… jusqu’aux expériences de l’Université ouverte franc-comtoise, pour tisser un lien fructueux entre science et humanité. Les derniers titres et sous-titres de La Science et le Veau d’Or parlent d’eux-mêmes : « Des sciences citoyennes aux recherches citoyennes », « Science citoyenne et société démocratique », et aussi « La Science, une école de curiosité et d’émerveillement »…

À l’heure où le gouvernement Trump légifère pour interdire des expressions comme « les faits basés sur la Science », le livre de Jean-Marie Vigoureux fait aussi œuvre de salubrité publique : à mettre entre toutes les mains.

 

Contact : les.chemins.de.terre@free.fr

 

Josette-Alice Bos