Bérengère Cournut, Née contente à Oraibi, Paris, Le Tripode, janv. 2017, 304 p., 19 €.

Née contente à Oraibi, l’ouvrage de Bérengère Cournut, conte le destin d’une jeune Amérindienne hopi d’Arizona.

Le peuple hopi vit à l’écart du monde, sur un plateau aride, dans des conditions de dénuement extrême. Depuis des siècles, dans le cadre de cette contrée désertique et extrêmement rude, il développe des croyances mariant la vie et la mort, le jour et la nuit, les âmes mélangées des animaux et des hommes.

Tayatitaawa, « celle qui salue le soleil en riant », entreprend un périple vers la terre de ses ancêtres, un parcours initiatique intérieur durant lequel elle affronte ses peurs et se confronte à la mort. Une odyssée difficile mais libératrice et indispensable pour enfin « se trouver » et entreprendre un autre voyage, terrestre celui-là.

Le roman entraîne son lecteur dans le monde étrange des Hopis, « le peuple de la paix », qui fait partie du groupe amérindien des Pueblos d’Amérique du Nord, voisins des Apaches, des Navajos, des Papagos, et des Zuñis.

À travers la vie de la jeune Indienne, l’auteure nous fait découvrir une civilisation d’un autre âge. Certains critiques ont parlé de fiction anthropologique. Certes, la richesse de la documentation se révèle épous­touflante, accompagnée de clichés évocateurs, mais l’auteure va bien au-delà d’une simple étude scientifique sur la civilisation hopi.

Tayatitaawa se dévoile progressivement sous la plume de Bérengère Cournut. Personnage tendre et émouvant, elle nous permet d’entrer dans son monde étrange, empreint de poésie, d’humour, de rêves… Avec simplicité, la jeune fille nous transporte dans son village, sa famille, son passé, son histoire… Elle nous révèle les secrets de son entourage et nous fait part de ses pensées les plus intimes.

Une histoire intense, prenante qui, au-delà de la recherche ethno­graphique, rejoint l’art subtil de la narration et du roman en passant par l’occultisme. Et lorsque tous ces genres se marient, le résultat offre un voyage magique dans le temps, la distance, l’imaginaire et le fan­tastique.

Un livre merveilleux, apaisant, passionnant, écrit dans un style dépouillé mais lumineux et chaleureux, aux confins du conte et du rêve.

Annette Vial